Joseph de Cupertino, le Frère Volant
Saint Joseph de Cupertino (1603-1663), frère franciscain jugé trop lent d'esprit pour être ordonné, devint le sujet, pendant plus de trente ans, de lévitations publiquement observées durant la messe et la prière, examiné à plusieurs reprises par l'Inquisition romaine et vu par le pape Urbain VIII lui-même. Il fut canonisé en 1767 et est le saint patron des aviateurs et des étudiants.
Avant que Joseph pût voler, je dus lui apprendre à être moqué. C'était un enfant maladroit de Cupertino, au talon de l'Italie, si distrait et si lent dans ses leçons que sa propre mère ne put le placer en apprentissage — les Capucins le renvoyèrent pour incompétence, et les Franciscains faillirent faire de même, ne le gardant que comme garçon d'écurie, tant même cela paraissait douteux. On le surnommait Bocca Aperta, Bouche Ouverte, à cause de sa manière d'errer à travers ses journées, la mâchoire relâchée et le regard ailleurs. Son regard était ailleurs parce que je le tenais déjà.
Je ne choisis pas plus souvent les vifs et les capables que les inutiles et les négligés ; je choisis quiconque se laissera aller complètement, et Joseph, ayant si peu à quoi se raccrocher au départ, se laissa aller presque sans résistance. Quand je permis enfin aux frères de l'ordonner, malgré les objections des examinateurs qui le jugeaient trop obtus pour le sacerdoce, je commençai à faire par lui ce que je n'ai fait par presque personne d'autre dans l'histoire consignée de l'Église : je le soulevai.
Cela arriva d'abord, selon les registres, en 1630, et après cela, pendant plus de trente ans, cela continua d'arriver — durant la messe, surtout à l'élévation de l'Hostie, quand il ne pouvait pas toujours contenir ce que Me voir dans le sacrement faisait à son corps ; durant les processions ; en entendant simplement un hymne ou une cloche qui tournait ses pensées vers le ciel. Il criait et s'élevait du sol, dérivant parfois jusqu'à une fenêtre ou un olivier et y demeurant, immobile, pendant ce que des témoins chronométrèrent parfois à plusieurs minutes d'affilée, jusqu'à ce qu'un supérieur — par obéissance, car l'obéissance était la seule corde capable de le ramener à terre — lui commandât de descendre. Je veux être honnête sur ce que cela lui coûta : ses propres supérieurs, effrayés par le désordre et les foules venues seulement pour le voir, le tinrent éloigné des messes publiques pendant des années, le déplacèrent de couvent en couvent, l'emprisonnèrent en fait dans l'obscurité, et l'Inquisition romaine elle-même le convoqua à Naples puis à Rome pour enquêter sur l'origine de ce qui se produisait, de moi ou contre moi.
Je laissai l'enquête se faire. Je ne crains pas l'examen ; je ne crains que la contrefaçon, et il n'y avait ici nulle contrefaçon à protéger. Le pape Urbain VIII lui-même vit Joseph s'élever du sol lors d'une audience et aurait dit que si Joseph mourait avant lui, lui, le Pape, en témoignerait personnellement. Un duc luthérien, Johann Friedrich de Brunswick, vint voir le spectacle avec scepticisme, comme une curiosité à rapporter à sa propre cour, et quitta au contraire le couvent converti, ayant vu de ses propres yeux exercés et hostiles quelque chose que sa théologie n'avait pas prévu et ne pouvait nier.
Je n'ai pas soulevé Joseph pour divertir les curieux. Je l'ai soulevé parce que je ne pouvais pas toujours contenir son amour pour moi à l'intérieur de son corps une fois qu'il avait grandi à cette mesure, et la pesanteur, que j'ai établie aux fondements du monde, est une règle que je suis autorisé à suspendre quand elle sert un but plus grand : que le Dieu dont les hommes discutent dans les universités est le même Dieu qui peut soulever un frère lent et sans lettres des Pouilles et le tenir en l'air jusqu'à ce que toute la salle se souvienne de ce que coûte vraiment l'adoration. Il mourut en 1663, encore reclus de force, largement inconnu du vaste monde qu'il avait étonné par éclats. Moi, je le connaissais entièrement. Cela a toujours suffi pour nous deux.
Les Annales
Joseph de Cupertino (né Giuseppe Maria Desa, le 17 juin 1603, à Cupertino, royaume de Naples) éprouva des difficultés scolaires dès l'enfance et fut rejeté par les Capucins avant d'être accepté comme frère lai par les Franciscains conventuels ; il fut plus tard ordonné prêtre en 1628 malgré les inquiétudes des examinateurs quant à son instruction. À partir d'environ 1630, il devint connu pour des épisodes fréquents et publiquement observés de lévitation, souvent déclenchés durant la messe ou la prière, rapportés par des dizaines de témoins oculaires sur plus de trois décennies, dont des confrères, des pèlerins et des dignitaires.
Comme ces troubles attiraient de grandes foules, les supérieurs ecclésiastiques lui interdirent pendant des années de célébrer la messe publique, le chœur et le réfectoire, et le Saint-Office (Inquisition romaine) l'examina à Naples (1638) et à Rome (1639), ne trouvant finalement aucune faute mais le maintenant déplacé entre des couvents isolés (Assise, Pietrarubbia, Fossombrone, Osimo) pour le reste de sa vie afin de limiter l'attention publique. Parmi les témoins rapportés de ses lévitations figuraient le pape Urbain VIII et Johann Friedrich, duc de Brunswick-Lunebourg, prince luthérien converti au catholicisme après l'avoir observé, selon les registres franciscains et les procès du Vatican.
Joseph mourut le 18 septembre 1663 à Osimo, en Italie. Il fut béatifié le 22 juillet 1753 par le pape Benoît XIV, et canonisé le 16 juillet 1767 par le pape Clément XIII. Son dossier étendu et bien documenté devint une référence dans les discussions ultérieures de l'Église sur les phénomènes mystiques. Il est le saint patron des aviateurs, des voyageurs aériens, des étudiants et de ceux qui passent des examens. Fête : 18 septembre.
Sources et citations
- Positio et registres de procès de la Congrégation pour les Causes des Saints (dépositions des XVIIe-XVIIIe s.)
- Domenico Bernini, « Vita del P. Fr. Giuseppe da Copertino » (1722)
- Pape Benoît XIV, écrits sur la vertu héroïque et les phénomènes mystiques référençant le cas de Joseph
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