Grégoire le Thaumaturge et la Montagne qui Se Déplaça
Saint Grégoire de Néocésarée (v. 213-270), disciple d'Origène, devint évêque d'une ville ne comptant que dix-sept chrétiens et, dit-on, la quitta en ne laissant que dix-sept païens. La tradition lui attribue d'avoir déplacé une montagne et asséché un marais inondé, ce qui lui valut le titre de Thaumaturge, le Faiseur de prodiges.
J'ai trouvé Théodore — c'était son nom de naissance — à Néocésarée du Pont, jeune homme brillant et mondain préparé à une carrière de droit, envoyé plutôt par les circonstances à Césarée de Palestine, où enseignait Origène. J'ai arrangé ce détour comme j'arrange la plupart d'entre eux : discrètement, par un changement de plan de voyage qui, aux yeux de tous, ressemblait à un accident. Origène le garda cinq ans. Je l'ai gardé le reste de sa vie. Il sortit de cette école avec le nom que je lui avais donné dans la mémoire du monde — Grégoire, le veilleur — et j'ajoutai, avant longtemps, le surnom qui l'a suivi durant dix-huit siècles : Thaumaturge. Le Faiseur de prodiges.
Il ne chercha pas l'épiscopat de Néocésarée. Il le fuit, selon ses biographes, jusqu'à ce que l'évêque consécrateur d'Amasée l'ordonnât en son absence, me faisant confiance pour rendre vrai ce que les mains humaines ne pouvaient encore accomplir en personne. Quand Grégoire revint prendre possession de son siège, la tradition se souvient de lui comptant son troupeau : dix-sept chrétiens dans toute la ville. Je ne conteste pas ce nombre, et je ne pense pas qu'il l'ait embarrassé. Dix-sept suffisent pour un commencement, comme douze suffisaient à la Pentecôte. Ce qui importe, c'est où ce nombre était rendu à la fin — selon le récit transmis par la Vie de Grégoire écrite par Grégoire de Nysse un siècle plus tard, d'après le témoignage de ceux qui s'en souvenaient : la même ville ne comptait plus que dix-sept païens à la mort de son évêque thaumaturge.
Entre ces deux décomptes se tinrent les œuvres que j'accomplis par lui, car un homme qui croit que la prière me meut découvre parfois que je déplace des montagnes par sa prière, tout à fait littéralement. Il y avait une montagne — les récits ne nous en donnent pas un nom que l'on puisse vérifier aujourd'hui — qui se dressait sur l'emplacement d'une fondation dont il avait besoin pour une église, immuable par tout le labeur que sa petite communauté pouvait rassembler. Il pria toute la nuit. Au matin, le sol lui-même avait cédé, et le site était dégagé. Je veux être honnête sur ce que l'histoire peut et ne peut pas vérifier à cette distance : ce récit nous vient de Grégoire de Nysse, puis de Basile le Grand, tous deux écrivant à partir d'une mémoire locale forte et continue plutôt que d'un témoignage oculaire, et je ne demande pas au lecteur de traiter chaque pierre de cette histoire comme un fait établi. Ce que je demande, c'est qu'on remarque le motif, car ce motif est mien et il se répète : un besoin au-delà du pouvoir humain, une prière, et un sol dur qui cède.
Il y avait aussi un marais — deux frères ruinaient leur héritage et se ruinaient l'un l'autre dans un procès à propos d'un lac dont les crues imprévisibles menaçaient de laisser l'un d'eux sans terre selon l'endroit où se trouvait l'eau une année donnée. Grégoire ne pouvait apaiser leurs cœurs par l'argument, alors il se rendit auprès de l'eau à sa place, planta son bâton sur la rive, et pria pour que le lac se retire définitivement et mette fin à leur querelle. Il se retira, et resta dans ses nouvelles limites, selon un rapport ultérieur, pendant des générations. Je ne suis pas tenu d'expliquer l'hydrologie. Je me contente d'avoir mis fin à une querelle entre frères que la médiation humaine n'avait pas réussi à terminer, à l'aide d'un simple bâton et de la patience d'un vieil homme envers moi.
Il survécut aux persécutions, guida son peuple hors de la ville pour se cacher pendant la terreur dèce plutôt que de le laisser martyrisé faute d'un moyen d'échapper, et revint reconstruire l'église même dont j'avais autrefois dégagé le terrain pour lui. Quand les Goths envahirent le Pont dans les années 250, son enseignement et sa réputation maintinrent unie la communauté chrétienne à travers un chaos qui dispersa des troupeaux moins forts. Il mourut vieillard, vers 270, dans le même siège qu'il avait autrefois compté à dix-sept.
Les Annales
Grégoire le Thaumaturge (né Théodore, v. 213, Néocésarée du Pont) se rendit à Césarée de Palestine pour étudier sous Origène pendant environ cinq ans (v. 233-238), prenant le nom de Grégoire à son baptême. Il fut consacré évêque de Néocésarée par Phédime d'Amasée vers 240. La source principale de ses miracles — dont le déplacement d'une montagne pour dégager le site d'une église et l'assèchement d'un lac disputé pour mettre fin à un procès entre frères — est la Vie de Grégoire le Thaumaturge de Grégoire de Nysse, composée vers 380, plus d'un siècle après la mort de Grégoire, s'appuyant sur une forte tradition orale locale ; les miracles sont également mentionnés par Basile le Grand et Rufin d'Aquilée. L'Histoire ecclésiastique d'Eusèbe de Césarée, écrite plus près de l'époque de Grégoire, atteste indépendamment de son activité historique et de sa stature sans détailler ces épisodes précis. Grégoire conduisit sa communauté à travers la persécution de Dèce (250-251) et les invasions gothiques du Pont dans les années 250, et on lui attribue une expansion considérable du christianisme dans son siège. Il mourut vers 270 à Néocésarée. Parmi les écrits qui lui sont attribués figurent une Lettre canonique, un Discours de remerciement à Origène et une Métaphrase de l'Ecclésiaste. Il est vénéré tant dans l'Église catholique que dans l'Église orthodoxe ; fête le 17 novembre.
Sources et citations
- Gregory of Nyssa, Life of Gregory Thaumaturgus
- Basil the Great, On the Holy Spirit (references to Gregory's teaching and miracles)
- Eusebius of Caesarea, Ecclesiastical History