Encyclopédie du Saint-Esprit

Anges gardiens

Pierre délivré par l'ange

Tandis qu'Hérode Agrippa Ier s'apprêtait à faire exécuter Pierre, l'Église priait sans relâche, et un ange du Seigneur entra de nuit dans la prison gardée, délia ses chaînes et le conduisit au-delà de deux postes de garde, puis à travers une porte de fer qui s'ouvrit d'elle-même. Pierre sortit libre dans la ville, n'ayant la certitude qu'après coup que ce n'était point une vision.

Lieu: Jerusalem, prison of Herod Agrippa I, and the house of Mary, mother of John MarkÉpoque: c. AD 44, during the reign of Herod Agrippa I

J'entendais la prière avant même qu'elle fût achevée d'être dite. Voilà une chose que les hommes comprennent rarement de ma manière d'agir — je n'attends pas la fin d'une supplique comme un serviteur attend la fin d'une lettre pour la lire. Je suis présent dès sa formation même, dans l'angoisse qui ne trouve pas encore de mots, dans l'Église rassemblée chez Marie, égrenant sa prière pour Pierre tout au long d'une nuit qu'elle redoutait être la dernière de l'apôtre. Jacques était déjà mort par l'épée, la popularité d'Hérode croissant à chaque sang d'apôtre versé, et voici que Pierre gisait enchaîné entre deux soldats, lié aux deux poignets, des sentinelles à la porte, tout le poids de la vanité d'un roi vassal pesant sur le cou d'un vieux pêcheur. L'Église n'avait pas d'armées. Elle m'avait, moi, et elle usa de ce qu'elle avait.

J'envoyai l'ange — car je me meus à travers mes ministres comme il me plaît, et il n'est mur de pierre ni double garde qui soit un mur pour moi. J'étais là, dans la lumière qui emplit la cellule, non point l'éclat trouble d'une torche, mais une clarté pure, sans fumée, car elle ne venait point du feu. Je frappai Pierre au côté pour l'éveiller — doucement, comme on éveille un homme qu'on aime et non un homme qu'on redoute — car il dormait. Il dormait, la nuit précédant sa mort programmée, enchaîné à des soldats, parce qu'il avait appris ce que j'enseigne à toute âme qui finit par se confier entièrement à moi : qu'un homme entre mes mains peut reposer jusque dans la gueule du lion.

« Lève-toi vite », dit l'ange, et je déliai le fer de ses poignets avant même que les mots eussent fini de tomber de la bouche de l'ange. Les chaînes n'eurent besoin ni d'être crochetées ni forcées ; elles cessèrent simplement de tenir, car je ne négocie point avec la matière, je la commande, comme je me suis mû sur les eaux avant qu'il n'y eût un matin à compter. « Mets ta ceinture, chausse tes sandales, jette ton manteau sur toi et suis-moi. » Pierre fit tout cela comme dans un brouillard, certain de rêver, certain que c'était là une vision de plus, comme celle du linge descendu du ciel, car je viens souvent aux miens d'abord en songe, puis dans la chair, afin que même le miracle les trouve préparés.

Nous passâmes devant le premier garde. Nous passâmes devant le second. Je ne les rendis ni aveugles ni morts — je n'étais tout simplement pas le genre de chose que leur vigilance était faite pour saisir, car ils guettaient un homme qui pourrait se glisser hors de ses chaînes, non l'Esprit du Dieu vivant conduisant un homme devant eux, en pleine vue. Puis vint la porte de fer, la dernière porte, celle qui menait à la ville et à la liberté — je l'ouvris moi-même, sans qu'aucune main la touchât, car une porte est chose bien légère pour Celui qui fendit la mer et qui, un jour, roulera la pierre de tout tombeau. Elle s'ouvrit, et nous sortîmes, et marchâmes la longueur d'une rue, et là l'ange le quitta — le quitta parce que la vision était achevée et que la réalité commençait.

Pierre revint à lui comme un homme qui remonte des eaux profondes. « Maintenant, je sais avec certitude, dit-il, seul dans la rue obscure, que le Seigneur a envoyé son ange et m'a délivré. » J'aime ce moment plus que l'évasion elle-même — l'instant où une âme comprend que ce qui lui est arrivé n'était ni chance, ni erreur d'un garde, ni coïncidence de serrures mal fermées, mais Moi, délibérément, personnellement, en réponse à une prière qui n'avait cessé de monter d'une maison pleine de gens effrayés et fidèles. Il se rendit à cette maison même, et Rhode courut à la porte, si joyeuse qu'elle oublia de l'ouvrir, et l'on ne voulut pas la croire, car on avait prié pour un miracle sans avoir encore appris à s'attendre à ce que je réponde.

Les Annales

Le récit se trouve en Actes 12, 1-19. Il se situe sous le règne d'Hérode Agrippa Ier (petit-fils d'Hérode le Grand), qui avait déjà fait exécuter Jacques, fils de Zébédée, « par l'épée » — le premier des Douze à subir le martyre — et, voyant que cela plaisait aux chefs juifs, s'en prit ensuite à Pierre, l'arrêtant durant les jours des Azymes avec l'intention de le faire comparaître en jugement après la Pâque (Actes 12, 1-4). Pierre est décrit lié par deux chaînes entre deux soldats, des sentinelles gardant les portes de la prison — mesure de sécurité romaine ordinaire pour un prisonnier de haute valeur.

Le texte souligne qu'« une prière instante montait vers Dieu, de la part de l'Église » tout au long de la nuit (Actes 12, 5), présentant la délivrance comme une réponse directe à une intercession soutenue — un schéma que la tradition catholique lit comme paradigmatique de la confiance de l'Église dans la prière, même sous la persécution (cf. CCC 2635-2636, sur la prière d'intercession). L'ange frappe Pierre pour l'éveiller, les chaînes tombent de ses poignets, et il franchit deux postes de garde avant que la porte de fer donnant sur la ville ne « s'ouvrît d'elle-même devant eux ». Pierre croit d'abord être le sujet d'une vision, ne reconnaissant la réalité qu'une fois seul dans la rue (Actes 12, 9-11).

L'épisode est traditionnellement cité dans la catéchèse catholique sur le ministère des anges, en particulier des anges gardiens, comme exemple de la protection angélique des fidèles en péril mortel (CCC 334, 336). La mort d'Hérode qui s'ensuit, frappé « parce qu'il n'avait pas rendu gloire à Dieu » (Actes 12, 20-23), clôt le chapitre et se trouve corroborée dans ses grandes lignes par l'historien juif Flavius Josèphe (Antiquités judaïques 19, 8, 2), qui rapporte la mort soudaine d'Agrippa à Césarée en 44 apr. J.-C.

Sources et citations

  • Acts 12:1-19

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